Article final

Teenagers lying on floor with Ipad and mobile

Cadre conceptuel

Qu’est-ce que l’éducation spécialisée?

L’éducation spécialisée est une méthode d’enseignement destinée aux étudiants ayant des besoins spéciaux dans le but de leurs fournir un enseignement adapté à leurs besoins et différences propres. Idéalement, ceci suppose un programme établi individuellement et des méthodes d’apprentissage sur mesures, des équipements et matériaux adaptés, des programmes adaptés et d’autres éléments permettant aux apprenants d’atteindre un haut degré d’autosuffisance. Ce type de besoin s’adresse notamment aux personnes atteintes de trouble des apprentissages, des difficultés de communication, des troubles émotionnels et comportementaux, des handicaps physiques et intellectuels, et des troubles du développement.

Dans « Les Carnets de l’éducateur », on définit l’éducateur spécialisé comme étant « une personne qui favorise,  par la mise en œuvre de méthodes et de techniques spécifiques, le développement personnel, la maturation sociale et l’autonomie des personnes qu’il accompagne ou qu’il éduque ».*

Qu’est-ce que l’éducation aux médias? 

Dans le cas de l’éducation aux médias, la perspective est : ce sont les médias qui deviennent eux-mêmes l’objet d’étude. Ils sont abordés comme constituant un domaine spécifique et autonome de connaissances sur lequel porte l’enseignement. Il s’agit alors de travailler sur les productions médiatiques elles-mêmes, sur leur origine et sur la manière dont elles sont construites, diffusées et consommées. De s’interroger sur les modalités de réception des messages des différents médias et chercher à comprendre la nature de leurs effets en commentant et en se prononçant sur les idées, les valeurs et les points de vue qu’ils véhiculent. Convier l’élève à une démarche d’éducation « aux » médias, c’est l’amener à s’interroger sur la nature des relations que nous établissons avec les médias, individuellement et collectivement.**

Lien?

Le lien que je fais entre l’éducation aux médias et l’éducation spécialisée est: En tant qu’éducateur accompagnant les personnes en difficultés, nous devons les aider,également, à développer leurs esprits critique. Déjà dans des situations difficiles, il faut prévenir les bénéficiaires des dangers que peuvent véhiculer certains messages médiatiques. Ou au contraire, des points positifs que certains médias peuvent leur apporter. Je pense donc que c’est deux concepts concordent parfaitement l’un avec l’autre. Il n’y a rien de mieux qu’un éducateur pour faire de l’éducation aux médias. En effet, grâce à l’observation et l’analyse qu’ils font de chaque individu ils sauront comment mettre en place des projets afin d’être le plus compréhensible possible.

Contexte

Public

Caractéristiques générales

Il s’agit de jeunes adolescents ayant de 15 à 20 ans, scolarisés dans une école secondaire bruxelloise. J’ai pu les observer en milieu scolaire et quelques-uns à l’extérieur de l’établissement. Ce sont des jeunes faisant face à toutes sortes de difficultés (familiales,financières,…). La plupart d’entre eux souffre de troubles de comportements et pour certains la langue maternelle n’est pas le français. L’école accueille,également, des primo-arrivants.
 
Tous ces facteurs favorise le décrochage scolaire, déjà fortement présent dans l’institution. L’équipe éducative tente de gérer le plus possible les absences des élèves. Pour pouvoir venir en aide à ces jeunes, il faut identifier leurs besoins.
 
En me référant à la pyramide de Maslow, j’ai constaté que les besoins dominants des adolescents dont je me suis chargée sont les suivants:
pyramide_maslow

Le besoin d’appartenance :L’adolescent a besoin d’affection, de reconnaissance par les relations intimes, les amis,… Il a besoin d’être aimé, écouté , compris, d’appartenir à un groupe, d’avoir un statut, d’être estimé par les autres,…Le besoin d’appartenance est selon moi, le plus important chez les adolescents car il leur amène une vie sociale. Chaque personne a besoin de se sentir intégré à un groupe social ou à une communauté et de se sentir existé à travers les liens qu’il entretient avec les autres.

Le besoin d’estime de soi :L’adolescent a besoin de l’estime des autres (réputation), il a aussi besoin de sa propre estime (statut, réussite,…) . Le sentiment d’être utile et d’avoir de la valeur lui permettent de conserver son identité. L’adolescent a besoin de se sentir écouté, de sentir que son discours est important aux yeux d’une personne, sentir que l’éducateur est là pour lui et lui accorde une disponibilité. L’adolescent a fort besoin de reconnaissance car il a besoin de savoir qu’il est respecté et considéré par les personnes qui l’entourent et qu’il n’est pas là pour rien.

Ces besoins sont importants dans la vie d’un adolescent parce qu’il est en pleine recherche identitaire.

Caractéristiques  spécifiques

Daoud est en 3ème année secondaire en section professionnelle bois et a 15 ans. Il fait partie de ceux que l’équipe et moi avons beaucoup surveillé en raison de ses nombreuses absences et de ses comportements difficiles.  Nous n’étions pas proches au début, nos relations étaient conflictuelles. Cependant, nous sommes devenus plus complice avec le temps. Daoud est un adolescent qui aime se faire remarquer, ouvert à toutes conversations, souriant, qui se montre à l’écoute et sociable. En général, il a de bons résultats dans toutes les matières. Il vit dans un quartier populaire de Bruxelles et y reste souvent avec ses amis. Il a commencé à fumer et ses absences se sont accumulées depuis le début cette année. En ce qui concerne, son contexte familial, il a une grande sœur et sa maman. Ses parents sont divorcé et il ne voit pas souvent son père. Il s’habille simplement et à des cheveux qui lui arrive à la nuque. Daoud est très motivé à réussir son année mais depuis le début de cette année il s’absente régulièrement. Il s’absente, en général, pour pouvoir rester dehors avec ses pairs. Ceci montre que Daoud a un besoin d’appartenance.
 
Dans mes analyses, je vais parler de Daoud non pas parce que je n’entretenais pas un contact avec d’autres élèves mais parce qu’avec Daoud c’était plus fort, j’ai travaillé avec lui pendant 2 mois à plusieurs reprises. C’est un adolescent qui faisait partie de mon quotidien, je le croisais très souvent en rue et entretenait de très bon rapport avec lui.

Lieu de rencontre et interventions

Je rencontrais la majorité du temps mes élèves dans l’établissement secondaire. C’est une institution à discrimination positive (D+) qui apporte de nombreuses activités enrichissantes aux élèves: soirées dans les plus grands hôtels de Bruxelles, théâtres, activités sportives, tournois, … En effet, l’école met en place beaucoup de choses pour que les élèves se sentent bien. Elle propose différentes filières: enseignement général, technique, professionnel et en CEFA. Elle accueille un public de tout âge allant de 12 à 23 ans. Des classes de 1er sont réservées pour les primo-arrivants, des adolescents qui viennent de Syrie, Iran, Afghanistan,.. L’école est composée d’un Préfet, d’un proviseur, d’une équipe éducative (éducateurs +professeurs), d’un service d’administration et d’une médiatrice. Les fonds que l’école possède pour pouvoir subvenir aux besoins des élèves viennent de la Fédération Wallonie-Bruxelles. L’argent est dépensé pour la mise en place d’activités, de collations et repas du midi, journaux de classes des élèves, bancs, chaises, craies, photocopie des professeurs, … Tout ce qui est nécessaire pour le bon fonctionnement d’une école.
 
Le fait que je sois dans un certain cadre m’a permis d’intervenir seulement à certains moments. Je ne pouvais pas intervenir quand les élèves étaient en interrogations, par exemple. Ou si le professeur ne le voulait pas, car il devait terminer sa matière. Je ne pouvais pas aussi parler aux élèves au réfectoire, car les éducateurs me disaient que la surveillance était notre seul objectif pendant le temps de midi. L’espace dans lequel je savais gérer au mieux mes interventions était le bureau des éducateurs, la cour de récréation ou encore les couloirs. Dans le bureau des éducateurs, le contexte était bien car l’élève est dans une ambiance de confiance, de réel écoute de l’autre. Il n’y avait pas les amis qui influençaient,… , à l’inverse de la cour de récréation.

Contact avec les médias

De ce que j’ai pu observer, éduquer aux médias n’était pas le principal objectif de l’institution. Je me suis souvenus de mon professeur d’histoire du secondaire, elle nous éduquait aux médias. Je me suis donc dirigé vers un professeur d’histoire qui donnait cours aux élèves dont je m’occupais. Il m’a dit qu’il faisait faire à ses élèves des exercices de synthèse avec différents documents historiques. Et qu’il leur apprenait,ainsi, à distinguer des sources fiables à de non fiables, à relever les bonnes informations de mauvaises, comment décrypter chaque message derrière un document, un texte,… L’examen constituait à réaliser une synthèse.
Je suis, également, aller vers  un professeur de français d’une de mes classes , pour savoir quel genre de livres, ils leur faisaient lire, si c’était aux choix,… ce sont des élèves qui sont en section bois,ils ne sont que 6 en classes. Le professeur m’a dit que, généralement, il laissait les élèves choisir le livre qui leur plaisait et que,par la suite, il fixait une date afin que chaque élève présente son livre devant la classe. J’entretenais un bon contact avec les 3PBois, je me suis intéressée à ce que chacun lisait. Pour la plupart d’entre eux, les romans d’aventures les captivaient plus. D’autres, étaient plus intéressés par les romans d’horreurs ou policiers.
Daoud, m’a cité son livre « L’île au trésor » écrit par Robert Louis Stevenson. Nous parlions souvent au temps de pauses. Il m’a dit que ce livre la capter, parce qu’il a vu l’image d’un pirate dessus et qu’il appréciait beaucoup la saga « Pirates des Caraïbes ». Il m’a confié qu’il aimait les histoires remplis de rebondissements et d’actions . Ce livre raconte l’histoire d’un jeune garçon,Jim Hawkins, qui habite l’auberge de ses parents, « l’Amiral Benbow » près de la ville de Bristol dans l’Angleterre du XVIIIe siècle. Un jour, un capitaine de bateau nommé Billy Bones décède dans l’auberge après que Pew, un mystérieux pirate aveugle, lui ait remis « la tache noire », annonce symbolique de la mort pour les pirates. Jim est très perturbé par cette mort, d’autant que son père meurt à peu près au même moment.J’ai aperçu Daoud lire son livre plusieurs fois à la salle d’étude. Il s’y installait à l’écart de ses camarades de classes. A plusieurs reprises, je lui demandais s’il avançait dans son livre. Il m’a informé qu’il lisait souvent avant de dormir après avoir fait tout ce qu’il avait à réaliser dans sa journée. Ainsi, personne ne pouvait le déranger pendant sa lecture.
Lorsque, je croisais Daoud, en rue, je le voyais toujours avec des écouteurs, on pouvait entendre sa musique sortir d’un de ses écouteurs. Il aime le rap car d’après lui, il se retrouve dans certaine histoire de rappeur comme « Soprano ». Il l’écoute seul soit en rue avec ses écouteurs,soit chez lui sur son lit. Les musiques qu’il préfère de cet artiste français sont: « Regarde-moi » album « Le Corbeau » sortit en 2011. C’est une musique qui met en avant la thématique du chômage,de la crise, des problèmes financiers et de ses effets sur les adolescents. Daoud aime écouter la musique « Ils nous connaissent pas » album cosmopolitanie sortit en 2014. C’est l’histoire d’un jeune des quartiers, de la banlieue. Ces chansons là, Daoud préfère les écouter seul.
Il écoute,aussi, des chanteurs comme l’Artiste,Rohff , Jul mais,pour lui, leurs paroles n’ont aucun sens. Ce sont des paroles dont la majorité sont composées d’insultes, d’histoires de rencontres avec des filles, …  Il les écoute toujours avec ses amis « pour s’ambiancer » pendant qu’ils fument au quartier. Leur chanson du moment est « Tchikita » de Jul album « L’Ovni » sortit en 2016. C’est l’histoire d’une rencontre avec une jeune fille. 
Daoud est constamment en contact avec son téléphone, il surf beaucoup sur le réseau social Facebook. Il dit que cela lui permet de rester plus facilement en contact avec ses pairs et de pouvoir partager des photos de sa vie au quartier avec eux. Il dit, également, que c’est plus facile, pour lui, de rencontrer des filles sur Facebook. Quand il est sur Facebook, cela ne le dérange pas de montrer qu’il y est. Il me montrait spontanément son profil et ses partages lorsque nous étions ensemble.
Daoud m’a confié qu’il se cherchait une copine sur une application nommée « Tinder ». La magie de Tinder, c’est de pouvoir rencontrer en un clic (ou un mouvement de doigt) des personnes dans la vie réelle, qui nous plaisent et à proximité. Un prénom, une photo, des intérêts/amis communs éventuels, et c’est tout. Loin d’un site de rencontres, banal et trop sérieux, Tinder se positionne comme un jeu ludique, où l’interface utilisateur est la plus simple possible. Un profil à la fois, le doigt qui frétille à l’idée d’approuver la photo que l’on voit ou de l’envoyer balader. Et on recommence, nouveau profil, nouvelle photo, avec toute la surprise et l’excitation que cela peut générer. Et cela sans fin jusqu’à arriver à bout de profils. Daoud a posté une photo de lui et a mis quelques informations comme ses passions, les aspects de son apparence physique et c’est tout. Il ne cherche pas vraiment de relation sérieuse. Il dit que c’est seulement pour s’amuser. Il y va tous les soirs ou quand il en ressent l’envie. Pour lui, c’est très privé et donc personne dans sa famille ou de ses amis est au courant de son inscription sur le site. 

« Problématisez »

Situations

Situations positives

Les 2 situations que j’estime bénéfique pour Daoud sont celle où il lit son livre « L’île au trésor » de Robert Louis Stevenson et celle où il écoute sa musique seul.

Situation 1

Le fait que Daoud choisisse par lui même de s’isoler pour lire son livre reflète, selon moi, que la lecture l’intéresse. Il ne le fait pas pour son professeur mais pour lui. De plus, il ma confié qu’il lisait tous les jours avant de dormir dans sa chambre. Quand j’ai aperçu Daoud dans la salle d’étude lire, il était coucher sur la chaise et tenait le livre de ses 2 mains. Il avait l’air d’avoir une lecture assez rapide, je remarquais qu’il tournait assez vite les pages. Il ne faisait attention à personne dans la salle d’étude, beaucoup de ses pairs l’appelait mais il ne répondait jamais. Il était complètement enfermé dans sa bulle et était très concentré.

Mon hypothèse est que Daoud vivant toutes sortes de difficultés aurait un besoin de lire pour pouvoir s’évader dans un autre monde. Dans un monde, loin de tous ces problèmes. De plus, c’est une histoire qui met en avant l’absence d’un père. Daoud ne voit pas souvent son papa. Il s’identifie peut-être dans l’histoire du petit Jim. Le psychologue, Philip Zimbardo, précise que chaque enfant a besoin d’un père et d’une mère, car chacun donne une forme d’amour différente. L’amour d’un père n’est pas inconditionnel comme celui d’une mère. Juste exister ne suffit pas. En tant que fils, on se doit de faire quelque chose pour que notre père soit fier de nous. C’est le contrat tacite passé entre un père et un fils. Or cette source de motivation intrinsèque ne peut exister si le père de Daoud n’est pas présent. Le fait que Daoud lise ce livre peut le rassurer en lui faisant croire que d’autres personnes vivent la même chose que lui.

Situation 2

L’autre situation que j’estime positive est celle où Daoud écoute sa musique. Je le croisais souvent en rue marchant d’un pas ferme, lentement, tête baissée, capuchon et écouteurs aux oreilles. On pouvait entendre sa musique de loin, il mettait le volume assez fort. Il m’a donc confié, comme cité dans mon article « contexte », qu’il aimait écouter des artistes tels que Soprano.

Mon hypothèse est que Daoud se retrouve quelque part dans les chansons de Soprano. Il ne l’écoute pas avec ses amis car il estime peut être que c’est de l’ordre du privé. C’est une partie de lui secrète. Soprano est un artiste français qui a vécu dans un quartier défavorisé, il s’en est sortie grâce à la musique. Je pense que c’est une bonne chose que Daoud écoute ses musiques, ça le motive peut-être à atteindre un objectif, un but dans sa vie pour essayer lui aussi de sortir de ce milieu dans lequel il vit aujourd’hui. D’après , les paroles chantées par les artistes peuvent être des choses vécues dans leur vie personnelle, certains adolescents partagent les mêmes types de problèmes, et donc admirent  écouter la musique pour avoir un espoir de s’en sortir, ils imitent même les artistes dans tous les aspects de leurs personnalité.La musique peut également servir de catalyseur pour de nouvelles idées. Quand les adolescents écoutent les nouvelles choses, ils apprennent différentes choses, idées, cultures dans le monde et ils deviennent plus ouverts parce qu’ils sont exposés à différentes manières de vivre de penser, justement comme les artistes.La musique rap a eu et continue d’avoir un très grand impact sur les adolescents.

Situations négatives

Quant aux 2 situations qui me semble négative, pour lui, sont celle où il utilise, excessivement, le réseau social Facebook et celle où il utilise le site de rencontre, peu sécurisé, de « Tinder ».

Situation 1

Une situation préjudiciable pour Daoud est le fait qu’il utilise, excessivement, Facebook. Il y partage des photos avec ses amis, sa famille, son lieu d’habitation, de fréquentation scolaire,… J’ai pu constater tout cela car il m’a déjà montrer son profil. Quand il est sur Facebook, il ne se renferme pas. Il montre à tous le monde ce qu’il partage, cela ne le dérange pas. Il poste des photos et sourient. Lorsqu’il est en contact seul avec Facebook, il ne bouge pas des yeux de l’écran et est difficile à captiver.

Mon hypothèse est que Daoud a besoin de reconnaissance des autres en affichant plusieurs choses de sa vie privée sur Facebook. Ainsi, la psychologue Ilona Boniwell rappelait en avril dans Le Figaro combien «l’estime de soi authentique repose sur l’acceptation de soi, avec une appréciation précise de ses forces, de sa valeur et le fait de se sentir capable de faire face aux défis inévitables de la vie».L’estime de soi est un concept important dans la vie d’un jeune adolescent parce qu’il recherche son identité. Cependant, le fait d’afficher beaucoup d’aspects de sa vie privée peut, dans certaines situations, lui porter préjudice. Des personnes lui voulant du mal peuvent facilement le retrouver, le reconnaître avec toutes les informations qu’ils partagent. Ceci a été le cas dans une affaire harcèlement dont il fut victime.Le problème n’a pas été réglé directement. En tant qu’éducateurs, nous avons tenté de mettre des choses en place pour qu’il puisse se sentir en sécurité sur le chemin de l’école, à l’école et dans ses environs. Nous le faisions, par exemple, sortir par une autre sortie que celle principale. Facebook est, également, un réseau dans lequel il y  a de nombreux partage de vidéos, d’images, de publicités, … qui peuvent être perçu par un adolescent de différentes manières. Il peut interpréter naïvement les choses. Étant constamment en contact avec « Facebook », Daoud a besoin d’interpréter correctement ces activités médiatiques.

Situation 2

La 2ème situation négative est celles où il s’est inscrit sur un site de rencontres pour adolescents appelé  » Tinder ». Il m’a confié qu’il se cherchait une petite amie car la plupart de ses amis en avait une. Il préfère, donc aller sur ce site en soirée quand il est seul dans sa chambre . Dans son entourage ou dans sa famille personne doit savoir qu’il est sur ce site. Il considère cela comme honteux. Daoud aime aller sur ce site. Ce n’est pas pour absolument se trouver une copine mais également pour rencontrer de nouvelles personnes de son age. Il est très sociable. Cependant, il m’a prévenu qu’il avait rendez-vous avec une fille rencontre sur le site mais quand il s’est rendu au rendez-vous ce n’était pas la fille présente sur les photos de profil. Il m’a confié être très déçu. Preuve qu’il faut redoubler de prudence sur les réseaux sociaux. On ne sait pas toujours quelle personne se cache derrière un écran.

Mon hypothèse est qu’il a 15 ans et que comme tout adolescent il a besoin d’estime de soi, de montrer qu’il plait aux filles de son âge … Il considère peut-être cela comme honteux car cela touche à son ego d’adolescent “je suis pas mal, je suis bien dans ma peau, qu’est-ce que j’irais faire sur Internet ? Je ne suis pas tombé si bas…”. Elle démontre une résistance narcissique importante », analyse Saïdeh Reza. Le Net apparaît comme la bouée de sauvetage, le dernier recours, l’ultime solution, parfois douloureuse pour l’image de soi, surtout chez les adolescents. Cependant les sites de rencontres peuvent s’avérer dangereux car on ne sait pas réellement qui se cache derrière chaque écran. La plupart des adolescents ne s’attendent pas à ce genre de surprise. Ils sont peu avertis des risques des sites de rencontres.

Pistes d’interventions

J’ai choisis d’approfondir la situation dans laquelle Daoud est en contact avec le réseau social « Facebook ». En effet, j’ai remarqué que ce dernier est continuellement intéressé par ce réseau.

Je pense qu’il est impératif de transformer sa manière de surfer sur « Facebook », car il semble inconscient de certains dangers auxquels ce réseau peut lui amener. Effectivement, sur « Facebook » de nombreuses vidéos, images, publicités, … circulent dans un but bien précis. Aussi, le fait de se créer une « identité internet » avec toutes ses informations peut porter préjudices à Daoud. Cela s’est avéré vrai, lorsqu’il m’a raconté son problème avec les personnes qui lui voulait du mal.

C’est donc pour ces raisons que j’estime important d’éduquer Daoud aux médias.

Selon Jacques Piette, l’objectif fondamental de l’éducation aux médias est de développer la pensée critique du jeune. De ce fait, il dit que l’éducation aux médias s’appuient sur des éléments de connaissances liés à l’univers des médias afin de développer l’esprit critique. Il met en garde sur le fait de dénigrer les médias. Selon lui, ceux qui s’occupent d’éduquer aux médias exercent plus une « entreprise de démolition ».  Pour Piette, développer son jugement critique, c’est comprendre de quelle manière cette culture de masse est produite, diffusée et reçu. C’est chercher à cerner le rôle et l’influence de cette activité sur l’ensemble des autres activités sociales. Il énonce,aussi, que le jeune a très rarement l’occasion d’exercer  une pensée critique. Pour l’adolescent, l’utilisation des médias est un divertissement motivé par le plaisir. Il est important pour Daoud de développer son esprit critique, il pourra ainsi distinguer les bonnes informations des fausses sur « Facebook ». Il est considérable de lui  faire comprendre les divers fichiers qu’il rencontre sur « Facebook ». Ainsi, il saura utiliser ce réseau de la meilleure façon qu’il soit. Cet esprit critique lui permettra, également, de se méfier des personnes rencontrées sur ce réseau et sur internet en général.

Le concept de non-transparence

D’après Jacques Piette, cette conception met de l’avant l’idée que les médias sont continuellement impliqués dans un processus de sélection, d’agencements et de diffusion de l’information, c’est-à-dire un processus actif de « re-présentation » de la réalité. On considère ainsi que les messages des médias ne sont jamais neutres, objectifs, impartiaux, mais qu’ils expriment toujours un point de vue particulier sur des idées, des valeurs, des croyances, des conceptions spécifiques à propos de l’objet dont ils parlent. J’estime primordial de faire comprendre à Daoud ce concept ci, car il est régulièrement en contact avec les types de médias comme les vidéos, publicités, images,… retrouvé sur « Facebook ». En tant qu’adolescent il faut qu’il comprenne ce concept.

Selon moi, les axes de développement de l’éducation aux médias présenté par Jacques Piette dans cette situation sont au nombre de 2 et sont étroitement liés.

Le premier axe est celui des langages. Quels langages utilise-t-on et pourquoi ?  Daoud doit comprendre que les messages qu’il relève sur « Facebook » sont des documents souvent complexes qui font appel à de multiples langages : image, son, couleur, éclairage, mouvement, cadrage, etc. Il faut, impérativement, qu’il sache que chacun de ces langages utilise des codes, des signes, des éléments qui lui sont propres et qui contribuent à influer sur le sens que peuvent véhiculer les messages des médias et sur la manière dont il est reçu par le public

Le deuxième axe est celui des publics. À qui s’adresse le message, pourquoi  et comment est-il reçu ? Daoud doit, aussi, assimiler que les messages des médias sont produits et diffusés en fonction du public visé et  celui-ci interagit avec les médias. Chaque individu perçoit, donne un sens, utilise et s’approprie les messages des médias en fonction de caractéristiques individuelles et de dispositions personnelles, mais aussi en regard de son appartenance à un groupe, à une communauté, à une classe sociale, à une société donnée et cela, à un certain moment précis de l’histoire de cet individu et de cette société. Il faut qu’il sache que la dimension commerciale est fondamentale dans la manière dont sont construits les publics des médias, en raison notamment du fait que ces derniers cherchent la plupart du temps à attirer le maximum de public afin d’assurer la rentabilité de leurs activités.

Le troisième axe est celui des technologies. Quels éléments techniques sont utilisés et pourquoi ? Daoud doit prendre en compte que les dimensions technologiques permettent de réaliser le potentiel et les limites d’expression et de création des différents médias. Ainsi cela contribuera à mieux comprendre leur impact.

Le quatrième axe est celui des représentations. Quelles représentations de la réalité sont proposées et pourquoi ? Daoud doit prendre conscience de la non-transparence des médias. Il faut qu’il sache que les représentations des médias nous deviennent familières qu’elles en arrivent à perdre leur caractère construit ; elles prennent alors, à nos yeux, la valeur de reflets neutres, objectifs, naturels de la réalité. Une part importante de ce que nous apprenons et savons du monde provient des représentations que véhiculent les médias, c’est pourquoi ceux-ci ont un impact si important.

Le cinquième axe est celui des types de messages. Quels types de message sont proposés et pourquoi? Daoud doit comprendre que les documents médiatiques se classent selon certaines catégories : genre, contenu, fonction.Le fait d’appartenir à ces catégories implique une certaine homogénéisation dans la manière de produire, de diffuser et de percevoir les messages des médias. Connaître la manière dont les médias produisent leurs messages selon certaines catégories contribue à améliorer la compréhension de l’univers des médias et leur impact sur le public.

Le sixième axe est celui des producteurs. Qui produit les messages et pourquoi ? Il faut que Daoud prenne en compte que tous les message et tous les documents produits et diffusés par les médias circulant sur Facebook sont le résultat d’un processus de fabrication. Ceux qui produisent ces messages ont des intentions et des objectifs bien précis. Daoud doit savoir que la fabrication des messages obéit à des traditions, des conventions, des usages et des codes particuliers, qui influencent à leur tour la manière dont sont produits, diffusés et reçus les messages.

La connaissance de cette théorie permettra à Daoud de ne pas se faire manipuler, d’avoir un autre regard face à l’utilisation des réseaux et à la vison de vidéos, publicités, images,.. Ne sachant rien de tout cela, nous pouvons constaté que Daoud a besoin d’être éduqué aux médias.

Afin de développer l’esprit critique de Daoud, je trouvais intéressant de créer un débat avec ses camarades de classe. J’ai donc demandé à leur professeur de français s’il était possible d’utiliser 2 de ses heures pour faire cette petite activité. Ils ne sont que 6 en classe, ce n’était donc pas difficile à organiser. Le sujet portait sur les médias et plus précisément sur le réseau « Facebook ».Pour lancer le débat je leur ai posé les questions suivantes: Que pensez-vous de Facebook ? Quels sont les points positifs et les points négatifs que peuvent apporter le réseau social,selon vous?  Afin d’éviter d’influencer leurs réponses, j’ai décidé de diffuser la vidéo après le débat. Cet vidéo portait sur les dangers de Facebook

La vidéo est la suivante:

Ce genre d’activité permet d’initier les adolescents à questionner autant qu’à répondre, à discuter avec ses camarades sur un sujet précis, en écoutant les critiques et en cherchant à se justifier. Chaque élève des 3PBois a motivé de manière raisonnable ses prises de position et a été attentif aux positions d’autrui. Ce fut vraiment un débat enrichissant. Ils intervenaient tous. 2h étaient consacrées pour cette partie de l’activité, les 2 autres ont été prévus pour l’explication des axes de Jacques Piette cités plus haut.

Sources: