Contexte

Public

Caractéristiques générales

Il s’agit de jeunes adolescents ayant de 15 à 20 ans, scolarisés dans une école secondaire bruxelloise. J’ai pu les observer en milieu scolaire et quelques-uns à l’extérieur de l’établissement. Ce sont des jeunes faisant face à toutes sortes de difficultés (familiales,financières,…). La plupart d’entre eux souffre de troubles de comportements et pour certains la langue maternelle n’est pas le français. L’école accueille,également, des primo-arrivants.
 
Tous ces facteurs favorise le décrochage scolaire, déjà fortement présent dans l’institution. L’équipe éducative tente de gérer le plus possible les absences des élèves. Pour pouvoir venir en aide à ces jeunes, il faut identifier leurs besoins.
 
En me référant à la pyramide de Maslow, j’ai constaté que les besoins dominants des adolescents dont je me suis chargée sont les suivants:
pyramide_maslow
Le besoin d’appartenance :L’adolescent a besoin d’affection, de reconnaissance par les relations intimes, les amis,… Il a besoin d’être aimé, écouté , compris, d’appartenir à un groupe, d’avoir un statut, d’être estimé par les autres,…Le besoin d’appartenance est selon moi, le plus important chez les adolescents car il leur amène une vie sociale. Chaque personne a besoin de se sentir intégré à un groupe social ou à une communauté et de se sentir existé à travers les liens qu’il entretient avec les autres. 
 

Le besoin d’estime de soi :L’adolescent a besoin de l’estime des autres (réputation), il a aussi besoin de sa propre estime (statut, réussite,…) . Le sentiment d’être utile et d’avoir de la valeur lui permettent de conserver son identité. L’adolescent a besoin de se sentir écouté, de sentir que son discours est important aux yeux d’une personne, sentir que l’éducateur est là pour lui et lui accorde une disponibilité. L’adolescent a fort besoin de reconnaissance car il a besoin de savoir qu’il est respecté et considéré par les personnes qui l’entourent et qu’il n’est pas là pour rien.

Ces besoins sont importants dans la vie d’un adolescent parce qu’il est en pleine recherche identitaire.

Caractéristiques  spécifiques

Daoud est en 3ème année secondaire en section professionnelle bois et a 15 ans. Il fait partie de ceux que l’équipe et moi avons beaucoup surveillé en raison de ses nombreuses absences et de ses comportements difficiles.  Nous n’étions pas proches au début, nos relations étaient conflictuelles. Cependant, nous sommes devenus plus complice avec le temps. Daoud est un adolescent qui aime se faire remarquer, ouvert à toutes conversations, souriant, qui se montre à l’écoute et sociable. En général, il a de bons résultats dans toutes les matières. Il vit dans un quartier populaire de Bruxelles et y reste souvent avec ses amis. Il a commencé à fumer et ses absences se sont accumulées depuis le début cette année. En ce qui concerne, son contexte familial, il a une grande sœur et sa maman. Ses parents sont divorcé et il ne voit pas souvent son père. Il s’habille simplement et à des cheveux qui lui arrive à la nuque. Daoud est très motivé à réussir son année mais depuis le début de cette année il s’absente régulièrement. Il s’absente, en général, pour pouvoir rester dehors avec ses pairs. Ceci montre que Daoud a un besoin d’appartenance.
 
Dans mes analyses, je vais parler de Daoud non pas parce que je n’entretenais pas un contact avec d’autres élèves mais parce qu’avec Daoud c’était plus fort, j’ai travaillé avec lui pendant 2 mois à plusieurs reprises. C’est un adolescent qui faisait partie de mon quotidien, je le croisais très souvent en rue et entretenait de très bon rapport avec lui.

Lieu de rencontre et interventions

Je rencontrais la majorité du temps mes élèves dans l’établissement secondaire. C’est une institution à discrimination positive (D+) qui apporte de nombreuses activités enrichissantes aux élèves: soirées dans les plus grands hôtels de Bruxelles, théâtres, activités sportives, tournois, … En effet, l’école met en place beaucoup de choses pour que les élèves se sentent bien. Elle propose différentes filières: enseignement général, technique, professionnel et en CEFA. Elle accueille un public de tout âge allant de 12 à 23 ans. Des classes de 1er sont réservées pour les primo-arrivants, des adolescents qui viennent de Syrie, Iran, Afghanistan,.. L’école est composée d’un Préfet, d’un proviseur, d’une équipe éducative (éducateurs +professeurs), d’un service d’administration et d’une médiatrice. Les fonds que l’école possède pour pouvoir subvenir aux besoins des élèves viennent de la Fédération Wallonie-Bruxelles. L’argent est dépensé pour la mise en place d’activités, de collations et repas du midi, journaux de classes des élèves, bancs, chaises, craies, photocopie des professeurs, … Tout ce qui est nécessaire pour le bon fonctionnement d’une école.
 
Le fait que je sois dans un certain cadre m’a permis d’intervenir seulement à certains moments. Je ne pouvais pas intervenir quand les élèves étaient en interrogations, par exemple. Ou si le professeur ne le voulait pas, car il devait terminer sa matière. Je ne pouvais pas aussi parler aux élèves au réfectoire, car les éducateurs me disaient que la surveillance était notre seul objectif pendant le temps de midi. L’espace dans lequel je savais gérer au mieux mes interventions était le bureau des éducateurs, la cour de récréation ou encore les couloirs. Dans le bureau des éducateurs, le contexte était bien car l’élève est dans une ambiance de confiance, de réel écoute de l’autre. Il n’y avait pas les amis qui influençaient,… , à l’inverse de la cour de récréation.

Contact avec les médias

De ce que j’ai pu observer, éduquer aux médias n’était pas le principal objectif de l’institution. Je me suis souvenus de mon professeur d’histoire du secondaire, elle nous éduquait aux médias. Je me suis donc dirigé vers un professeur d’histoire qui donnait cours aux élèves dont je m’occupais. Il m’a dit qu’il faisait faire à ses élèves des exercices de synthèse avec différents documents historiques. Et qu’il leur apprenait,ainsi, à distinguer des sources fiables à de non fiables, à relever les bonnes informations de mauvaises, comment décrypter chaque message derrière un document, un texte,… L’examen constituait à réaliser une synthèse.
Je suis, également, aller vers  un professeur de français d’une de mes classes , pour savoir quel genre de livres, ils leur faisaient lire, si c’était aux choix,… ce sont des élèves qui sont en section bois,ils ne sont que 6 en classes. Le professeur m’a dit que, généralement, il laissait les élèves choisir le livre qui leur plaisait et que,par la suite, il fixait une date afin que chaque élève présente son livre devant la classe. J’entretenais un bon contact avec les 3PBois, je me suis intéressée à ce que chacun lisait. Pour la plupart d’entre eux, les romans d’aventures les captivaient plus. D’autres, étaient plus intéressés par les romans d’horreurs ou policiers.
Daoud, m’a cité son livre « L’île au trésor » écrit par Robert Louis Stevenson. Nous parlions souvent au temps de pauses. Il m’a dit que ce livre la capté, parce qu’il a vu l’image d’un pirate dessus et qu’il appréciait beaucoup la saga « Pirates des Caraïbes ». Il m’a confié qu’il aimait les histoires remplis de rebondissements et d’actions . Ce livre raconte l’histoire d’un jeune garçon,Jim Hawkins, qui habite l’auberge de ses parents, « l’Amiral Benbow » près de la ville de Bristol dans l’Angleterre du XVIIIe siècle. Un jour, un capitaine de bateau nommé Billy Bones décède dans l’auberge après que Pew, un mystérieux pirate aveugle, lui ait remis « la tache noire », annonce symbolique de la mort pour les pirates. Jim est très perturbé par cette mort, d’autant que son père meurt à peu près au même moment.J’ai aperçu Daoud lire son livre plusieurs fois à la salle d’étude. Il s’y installait à l’écart de ses camarades de classes. Plusieurs fois, je lui demandais s’il avançait dans son livre. Il m’a informé qu’il lisait souvent avant de dormir après avoir fait tout ce qu’il avait à réaliser dans sa journée. Ainsi, personne ne pouvait le déranger pendant sa lecture.
Lorsque, je croisais Daoud, en rue, je le voyais toujours avec des écouteurs, on pouvait entendre sa musique sortir d’un de ses écouteurs. Il aime le rap car d’après lui, il se retrouve dans certaine histoire de rappeur comme « Soprano ». Il l’écoute seul soit en rue avec ses écouteurs,soit chez lui sur son lit. Les musiques qu’il préfère de cet artiste français sont: « Regarde-moi » album « Le Corbeau » sortit en 2011. C’est une musique qui met en avant la thématique du chômage,de la crise, des problèmes financiers et de  ses effets sur les adolescents. Daoud aime écouter la musique « Ils nous connaissent pas » album cosmopolitanie sortit en 2014. C’est l’histoire d’un jeune des quartiers, de la banlieue. Ces chansons là, Daoud préfère les écouter seul.
Il écoute,aussi, des chanteurs comme l’Artiste,Rohff , Jul mais,pour lui, leurs paroles n’ont aucun sens. Ce sont des paroles dont la majorité sont composées d’insultes, d’histoires de rencontres avec des filles, …  Il les écoute toujours avec ses amis « pour s’ambiancer » pendant qu’ils fument au quartier. Leur chanson du moment est « Tchikita » de Jul album « L’Ovni » sortit en 2016. C’est l’histoire d’une rencontre avec une jeune fille. 
Daoud est constamment en contact avec son téléphone, il surf beaucoup sur le réseau social Facebook. Il dit que cela lui permet de rester plus facilement en contact avec ses pairs et de pouvoir partager des photos de sa vie au quartier avec eux. Il dit, également, que c’est plus facile, pour lui, de rencontrer des filles sur Facebook. Quand il est sur Facebook, cela ne le dérange pas de montrer qu’il y est. Il me montrait spontanément son profil et ses partages lorsque nous étions ensemble.
Daoud m’a confié qu’il se cherchait une copine sur une application nommée « Tinder ». La magie de Tinder, c’est de pouvoir rencontrer en un clic (ou un mouvement de doigt) des personnes dans la vie réelle, qui nous plaisent et à proximité. Un prénom, une photo, des intérêts/amis communs éventuels, et c’est tout. Loin d’un site de rencontres, banal et trop sérieux, Tinder se positionne comme un jeu ludique, où l’interface utilisateur est la plus simple possible. Un profil à la fois, le doigt qui frétille à l’idée d’approuver la photo que l’on voit ou de l’envoyer balader. Et on recommence, nouveau profil, nouvelle photo, avec toute la surprise et l’excitation que cela peut générer. Et cela sans fin jusqu’à arriver à bout de profils. Daoud a posté une photo de lui et a mis quelques informations comme ses passions, les aspects de son apparence physique et c’est tout. Il ne cherche pas vraiment de relation sérieuse. Il dit que c’est seulement pour s’amuser. Il y va tous les soirs ou quand il en ressent l’envie. Pour lui, c’est très privé et donc personne dans sa famille ou de ses amis est au courant de son inscription sur le site. Cela ne m’étonne pas, toute personne a son petit jardin secret. 
Sources:
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